J’ai rencontré Amy Jones, fondatrice de Jonesie

Amy Jonesie - makeitnow.fr

Depuis quelques temps, le fait-main, dit aussi DIY, a le vent en poupe.

Les tutoriels sont visionnés des milliers de fois et les ateliers se remplissent à vitesse grand V. Mais parfois nous ne sommes pas vraiment doués de nos dix doigts. Il nous faut alors l’aide d’une bonne fée, ou mieux encore, avoir la chance de s’offrir – ou se faire offrir – une jolie pièce originale ou personnalisée d’une créatrice.

J’ai eu la chance de rencontrer l’une d’entre elles, la talentueuse Amy Jones. Fondatrice de la jolie marque de vêtements en coton organique, brodés à la main nommée, JONESIE. À prononcer « DJOWN-ZI ». Et non cette prononciation n’est pas une coquetterie, mais le symbole de ses origines américaines.

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Nom masculin ou féminin invariable, Jonesie est avant tout le petit surnom que l’on donne dans les pays anglophones aux personnes ayant pour nom de famille Jones (notre Dupont français en somme). Un nom de marque très personnel qui représente parfaitement son travail.

Nous avons rendez-vous face au canal Saint-Martin dans un petit café. L’endroit est très parisien, idéal pour cette jeune américaine tombée amoureuse de notre capitale. Elle m’accueille avec un grand sourire, français impeccable, vélib pas trop loin. Seul son joli accent la trahie légèrement.

 

 

Suivez-nous pour découvrir ses petites confidences de fil en aiguilles.

 

 


DU TENNESSEE A PARIS


 

L’histoire d’Amy débute au cœur du Tennessee.

 

En 2008, après le lycée, elle intègre l’école The School of the Art Institute of Chicago. Le premier semestre, Amy fait principalement de la menuiserie, mais très vite elle se tourne vers l’art de la fibre. Elle y apprendra le tissage et la broderie, notamment, pendant deux ans. Amy se souvient, « C’était très artistique, nous focalisions notre travail sur la perfection des points et la conception de pièces ».

Pourtant, à la fin de son cursus, Amy se questionne. L’école privée d’art est particulièrement chère et l’entrepreneure ne s’y retrouve pas toujours. « Je me suis dit que je n’étais pas sûre de vouloir devenir véritablement artiste. Je voulais m’axer plus vers le business ». Il faut dire que depuis sa première année Amy s’est toujours projetée en tant que chef d’entreprise. Vendre elle-même ses produits lui semblait évident.

Du coup, elle décide de retourner dans le Tennessee, à Nashville, sa ville d’origine. Amy retrouve ses amis d’enfance, mais surtout elle s’inscrit à l’université à Knoxville, à trois heures de route. Pendant un an et demi elle y étudiera le commerce international.

 

Mais comment la créatrice en est-elle venue à poser ses valises à Paris ?

 

Tout commence par l’amour de notre langue. Lorsque qu’il a fallu choisir une langue étrangère, Amy n’hésite pas. Ça sera le français. L’université lui propose alors un voyage de cinq semaines à Paris. Les yeux pétillants, la créatrice souligne, « C’était la première fois que je venais ici et j’ai adoré ».

Suite à ce coup de foudre, Amy de retour aux Etats-Unis en est persuadée, il faut qu’elle revienne. Elle décide alors de s’inscrire à un programme d’échange de six mois.

Cela tombe bien, Amy a déjà un stage avant même que son avion ne se pose sur la piste de l’aéroport parisien !

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Car si Amy a un parcours exceptionnel, sa chance elle a su la provoquer à chaque instant.

Pendant les cinq semaines de voyage universitaire, Amy avait fait une belle rencontre. « Alors que je me baladais dans les étages du 59 Rivoli – un collectif d’artistes installé dans un immeuble squatté au numéro 59 de la rue de Rivoli à Paris – j’ai rencontré un artiste dans un atelier.  En discutant avec lui il me propose de le recontacter, si jamais, je souhaitais revenir à Paris pour faire un stage. » me raconte Amy. Cette proposition ne tombe pas dans l’oreille d’une sourde. Dès que son échange est validé, elle le recontacte. L’accord est fait. En plus d’étudier à l’université elle fera donc son stage au sein du 59 Rivoli.

 

 


POUR L’AMOUR DE PARIS


 

Amy le cri haut et fort, « J’ai eu un véritable coup de cœur pour la culture française. ».

 

« Au bout de deux mois de stage, fin février, je me disais déjà que je ne pouvais plus repartir » se souvient la créatrice. Il faut dire que son stage est très enrichissant, qu’elle a fait de belles rencontres et es surtout tombée sous le charme de la ville.

Amy ne s’occupe pas simplement de la communication, bien quelle suive le parcours de troisième année de licence à l’université. Elle est en charge de la sélection des artistes en résidence pour 3 à 6 mois. De la transmission des portfolios, à sa présence lors des réunions des comités ou même à la médiation culturelle de la galerie attenante au rendez-de-chaussé, dans toutes les missions Amy s’épanouie.

Elle s’anime, « J’étais accompagnée d’une autre américaine qui était en stage également. C’était une expérience magique. ».

59 Rivoli : cage d'escalier annonçant les artistes fous mais ge

 

Après avoir validé sa licence, la seule question que se pose la créatrice est « comment faire pour rester à Paris ».

 

Amy me raconte, « J’avais terminé mon stage. Heureusement on m’a parlé de l’alternance. C’était parfait pour moi car ça me permettait de continuer mes études tout en ayant un travail et gagner un peu d’argent. ».

Tout en faisant un Master en communication, avec une spécialité dans le numérique, Amy travaille alors dans une agence de publicité, puis de communication digitale. Aujourd’hui, elle est encore salariée. « Ce qui me permet d’avoir mon visa, mais aussi des collègues et un salaire stable. » souligne Amy.

 

 


DE L’UNIVERSITÉ A LA PETITE ENTREPRISE


 

C’est en fin d’année de son master 2 que Jonesie est née.

 

Amy rédige alors son mémoire sur la stratégie de communication des campagnes de financement participatif. Un sujet qui l’a toujours particulièrement intéressé. Et parce qu’elle ne fait jamais rien à moitié, elle décide de lancer sa propre campagne.

Amy faisait de la broderie principalement pour son copain de l’époque qui lui demandait de broder son surnom sur des t-shirts. Très vite, il n’est plus le seul à être séduit. Ses amis lui demandent aussi quelques customisations.

« Lorsqu’on m’a demandé d’en vendre. J’étais impressionnée. Je ne m’y attendais pas. » se souvient Amy.

Du coup, elle décide de construire l’identité de sa propre marque, qui pourra se concrétiser si la campagne est un succès.

 

JONESIE

 

Si Amy aime créer, elle aime aussi que ses clients puissent s’approprier ce qu’elle propose. La personnalisation, grâce à des motifs custom, est le meilleur moyen pour créer un véritable lien avec les acheteurs. Car les créations de Jonesie sont très intimistes. On lui confie notre couleur favorite, un petit mot doux ou symbolique et de son côté elle brode avec amour notre souhait. « Il y a toujours de belles histoires derrière les personnalisations » souligne-t-elle.

 

Amy propose alors des tee-shirts brodés avec de jolis motifs. Personnalisables, elle nous invite à choisir, comme sur une planche de tatouages, des symboles qui sentent bon l’été.

Grâce à ces éléments pop et décalés, la broderie est plus que jamais dans l’air du temps.

 

Mais elle nous offre aussi la possibilité de personnaliser notre pièce préférée avec notre message de dix caractères maximum. Le tout brodé avec les fils colorés de notre choix.

 

Les créations Jonesie ont toutes les caractéristiques de sa fondatrice : douceur, sympathie et légèreté.

 

L’idée plait et la campagne est un succès. « J’ai terminé ma campagne de financement participatif sur KissKissBankBank avec 123% de mon objectif atteint après 40 jours ».

Le master a donc été un incroyable déclencheur.

« Cette campagne m’a permis de prendre les choses au sérieux. Je ne demandais que 3000 euros, mais il y avait les contreparties. Je ne devais pas décevoir les gens qui ont cru à ce projet. » souligne Amy.

 

 


UN TAMBOUR ET DU FIL


 

Pour la créatrice la broderie donne avant tout de la matière au dessin.

Presque aussi facile d’accès qu’un crayon et une feuille de papier, cette activité a le grand avantage de pouvoir être pratiquée dans presque tous les contextes.

 

D’ailleurs, la mobilité a toujours été au cœur du processus pour Amy.

 

« Avant avec ma marque Hello Jonesie j’avais tout cet enjeu. Chaque modèle brodé et personnalisé avait une étiquette sur laquelle était indiqué le lieu dans lequel le vêtement avait été brodé. » m’explique la créatrice. « Aujourd’hui, avec mon nouveau packaging et branding je n’ai pas encore intégré cette partie. En ce moment, la réalité c’est que la plupart du temps je brode à une heure du matin chez moi. C’est moins fun. A moins de noter « brodé à une heure du matin devant Netfix. » s’amuse Amy.

Toutefois, l’entrepreneure a tout de même des espaces de prédilection pour créer.  « Je préfère broder dehors, dans un parc, avec quelqu’un qui fait autre chose à côté de moi, comme lire par exemple. Avant, j’aimais beaucoup broder seule, mais maintenant j’aime avoir de la compagnie. J’aime aussi beaucoup broder dans le train ou dans l’avion » confie-t-elle.

 

Son rêve ? avoir son propre atelier.

 

En attendant chaque matin avant d’aller travailler dans une agence de communication, Amy brode à son domicile dans le 11 ème arrondissement de Paris, près du Canal-Saint-Martin. « Dans la semaine, tous les jours de 14h à 19h je suis à l’agence et tous les matins je travaille sur ma marque. Une activité que je reprends la plupart du temps les soirs et weekend. » explique-t-elle. Pour tenir le rythme Amy doit faire preuve d’une grande organisation en plus de la passion.

 

 


UNE MARQUE ET DES COLLAB.


 

Lorsque l’on demande à Amy quand elle a débuté son aventure entrepreneuriat, elle répond instantanément.

C’est le 26 mars 2015, date du début de la campagne de crowdfunding. « Pour moi c’est là que tout a débuté. » confie Amy.

 

Mais il y a un autre déclencheur important pour la créatrice : ces premières collaborations avec des marques, dès le mois de juin 2016, telles que Le Slip Français.

Il faut dire qu’Amy a rapidement fait parler d’elle.

 

Suite à la validation de sa campagne elle s’est lancée un challenge de taille. Dès le mois d’octobre, elle ambitionne de lancer une collection par mois, en édition limitée, en collaboration avec un créateur ou un blogueur. Le rythme est fou, mais cette expérience de trois mois lui permettra d’étendre sa notoriété.

Car pour Amy, l’inspiration vient aussi de belles rencontres.

 

En plus de ses prises de contacts spontanées, Amy collabore avec différentes marques lors d’activation avec les influenceurs. Ainsi pour Adidas elle a brodé pas moins de soixante vestes, avec le nom des blogueurs et Instagrameurs les plus connus, sur les capuches.

 

En  plus de ces premières expériences, Amy se rapproche de l’Association Pulpe, un annuaire visant à promouvoir, les créateurs et les marques françaises.  « Cela m’a permis de rencontrer beaucoup de créateurs. Je me suis sentie plus investie et j’ai trouvé ma place. La notoriété vient aussi des encouragements et appréciations des autres créateurs. » m’explique Amy.

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Si la réussite semble inévitable, Amy reste émerveillée. « Je ne me suis jamais rendu compte de l’ampleur que cela pourrait prendre. » confie-t-elle.

Tout comme Stéphanie Allerme, fondatrice de Ma Demoiselle Pierre, pour Amy Instagram est aussi une incroyable vitrine. « Par exemple, depuis que je travaille avec margot de YouMAKEfashion ma visibilité a également augmenté. » confie Amy « d’ailleurs les marques m’ont toujours contactée via ce canal. ».

 

 

 

En plus des collaborations, Amy tient à être en contact direct avec les personnes qui vont porter ses créations.

 

 

Pour cela rien de mieux que des ateliers durant lesquels elle personnalise des pièces. « J’adore faire des ateliers car ça me fait connaitre auprès de gens directement, y compris lors de journées presse pour des marques telles que Pimkie. » souligne Amy.

 

 


« EXPRESSION » JONESIE


La nouvelle collection est plus qu’une ligne de vêtements.

 

Amy propose un véritable concept décliné en plusieurs produits. Nommée « Expression » cette collection capsule, composée de pièces limitées à 100 exemplaires, est créée à partir d’une expression imagée française traduite en anglais.

L’expression « No Arms No Chocolate » (pas de bras pas de chocolat) ouvre le bal.

 

 

La seconde expression sera quant à elle révélée en octobre prochain.

En attendant, impossible de ne pas questionner Amy sur ses expressions favorites françaises.

 

La réponse est immédiate :

  • Ça ne casse pas trois pattes à un canard

  • Avoir un cœur d’artichaut

  • Ça ne mange pas de pain

  • Ne pas pousser mémé dans les orties

 

Certaines de ces expressions, toujours très imagées, lui ont été soufflées par ses amis. « J’en ai découvert grâce à mon nouveau projet. J’ai demandé à dix amis français de me donner leurs expressions préférées et grâce à ce sondage j’en ai découvert soixante-quinze ! »

 

Ces jeux de mots démontrent également que Jonesie n’est pas une marque qui se prend trop au sérieux, si ce n’est lorsqu’on lui parle de qualité.

 

En plus du fait-main, Amy prend grand soin des matériaux. Chaque vêtement est donc certifié coton 100% bio.

La créatrice est très transparente, en évoquant son fournisseur affilié à la Fondation Fairwear. Manquant de moyen pour produire en France et tenant à proposer des pièces accessibles à son public. Amy a choisi avec soin la marque de ces vêtements pour s’assurer que la production soit faite dans les meilleures conditions possibles, tant sur le plan salarial, que les conditions sanitaires et sociales et le respect des normes de sécurité. En choisissant la marque Stanley Stella elle fait un pas vers une production et une consommation plus responsable.

 

 


PLUS QUE DE LA BRODERIE


 

Amy souhaite ainsi développer plusieurs volets autour de son activité.

 

Passionnée d’illustration et de graphisme, elle est aussi très attirée par toutes les formes de pratiques autour de la notion de customisation à partir de différents matériaux. Nul doute que l’on n’a pas fini d’entendre parler de cette petite boule d’énergie qui développe un peu plus chaque jour son univers.

D’ailleurs, elle consacre une rubrique sur son site dédié à ses inspirations « EYE CANDY ».

Une identité graphique qui laisse présager encore de belles histoires.

 

inspirations Jonesie

 

 

 


UNE AMÉRICAINE A PARIS


 

Impossible de terminer cette rencontre sans connaitre les petites habitudes franco-américaines de cette créatrice – qui attend l’obtention de sa double nationalité pour lancer son business à 100%.

 

Que fais-tu de plus américain ?

 

  • Je prends toujours un grand café à l’Américaine, donc avec du lait et du sucre.

  • Cela m’arrive de mettre des mots en anglais dans des conversations en français en me disant : tout le monde parle américain, tant pis. Et puis, surtout, ça m’aide quand je ne connais pas un mot !

  • Quand je rentre dans des lieux, je m’annonce souvent avec un « hellooooooooo »

 

Que fais-tu de plus français ?

 

  • Je suis fan des promenades improvisées dans les rues parisiennes

  • J’aime aussi particulièrement les apéros et les pique-niques au bords du canal.

 

Le mix parfait ?

 

  • Parfois, quand je me ballade vers la Seine et notamment quand je traverse les ponts j’écoute du Edith Piaf .

 

jonesie amy

 

Merci Amy pour ta créativité, ta volonté et ton enthousiasme si communicatif !

 

 

J’AI RENCONTRÉ AMY JONES, FONDATRICE DE JONESIE

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29 commentaires sur « J’ai rencontré Amy Jones, fondatrice de Jonesie »

  1. Comme d’habitude tes rencontre avec ces magnifique femmes entrepreneurs m’inspirent et me donne une petite dose de motivation pour la semaine!!! Cette série d’articles est une très jolie initiative je tenais à le souligner!

    Aimé par 1 personne

  2. Bravo pour ton travail, une fois de plus ! Tu as changé le nom du site ? J’ai aimé la particularité « comm' » d’Amy : sa spécialisation dans la stratégie de communication des campagnes de financement participatif, et le fait qu’elle soit passée à l’action, à partir de là, pour sa propre campagne. Comme quoi, apprendre mène à agir, et j’aime aussi ça !

    Aimé par 1 personne

  3. Un article vraiment trés intéressant ! J’ai été captivé par cet univers que tu nous décris. Je ne connaissais pas cette artiste mais je vais vite me rattraper!

    Aimé par 1 personne

  4. Quel interview ! J’adore ! Une jolie découverte de cette marque et de ces valeurs !! J’aime beaucoup son univers et ce qu’elle fait ! Et au passage moi aussi j’aime beaucoup l’expression « Ne pas pousser mémé dans les ortilles » 😂
    Belle soirée,
    Loula.

    Aimé par 1 personne

  5. C’est toujours un plaisir de lire tes interviews ! J’ai adoré cette rencontre, et c’est d’ailleurs peut-être bien ma préférée ! Sûrement du fait que j’adore l’univers de cette créatrice et que le sujet m’a beaucoup parlée puisque depuis plusieurs mois, je suis en pleine réflexion sur l’élaboration d’une collection (et peut-être d’une marque future 🙈).
    En tout cas, je compte bien mener ce projet à terme et cette interview me fait miroiter que rien n’est impossible et me redonne la motivation que j’avais un peu perdu ces derniers temps, merci !

    Bisous ♡
    Jennifer

    Aimé par 1 personne

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