Pourquoi des ateliers non-mixtes au festival Nyansapo ?

non-mixité - makeitnow.fr

Voilà plusieurs heures que je me pose cette fameuse question : vais-je parler de la polémique autour des ateliers non-mixtes du festival Nyansapo ici ?

La réponse n‘est pas si évidente, ni même anodine. Cette « affaire » comprend plusieurs strates à mon sens qui méritent des traitements différents : les faits, la forme et les fake news.

 

Organisé par un collectif « afroféministe » nommé Mwasi, le festival réserve certaines manifestations – dans des lieux privés – aux femmes noires et/ou racisées afin que celles-ci puissent aborder des problématiques qui les concernent uniquement. Un dispositif qui a enflammé la toile et la presse depuis ce weekend.

Lancée par un procédé de fake news téléguidé par l’extrême droite, je me suis d’abord dit que cette polémique sur le festival parisien Nyansapo et ses ateliers non-mixtes risquait bien de s’éteindre aussi vite qu’elle n’est apparue. Il faut dire que nous ne parlons pas d’un festival national. La manifestation s’apprête à ouvrir ses portes à 200 personnes maximum du 28 et 30 juillet prochain.

Pourtant, au contraire, chacun a décidé de jeter sa bûche dans le foyer pour attiser les flammes. Un comportement qui a tant révélé des pensées nauséabondes que la réelle nécessité de débattre et se questionner sur le sujet.

 

 

Décider d’en parler n’est pas chose aisée. Parfois les mots sont maladroits, attisent la haine et la polémique.

 

Avoir le bon discours est fondamental pour diffuser ses idées. Il m’était donc impossible de prendre la parole à la va vite. D’autant que sur ce blogzine le traitement de sujets de société est toujours défini dans la seule optique de nous aider à avancer.

J’ai donc débattu de longues heures avec des personnes au fait du moindre détail du festival et expertes en la question. A l’issue de ces discussions, c’était évident, il fallait que je partage mon constat avec vous.

Tout d’abord notons pour dissiper tous malentendus que le festival n’a jamais été interdit « aux blancs », comme l’explique très bien Aaron & Zola dans la vidéo ci-dessus. La majorité de ces ateliers sont également excluants pour les hommes noirs et les femmes racisées non noires par exemple.

Sont-ils moins importants pour ne pas soulever de polémiques en leur nom ?

 

Mettant donc de côté les fake news, et le relai de celles-ci y compris par les politiques, pour s’interroger sur la création d’ateliers non-mixtes.

 

La question se pose alors de savoir « comment » expliquer cette démarche. Une tribune ? Une interview ? Un débat ? Une revue de tweets commentés ? La réponse, évidente, est arrivée par le trait de crayon de Maeril.

 

Il faut dire que la bande dessinée a cette faculté de donner en exemple et de contextualiser.

Dans ses dessins, l’illustratrice Maeril, explique pourquoi ces espaces de parole n’ont pas la volonté d’exclure et sont bénéfiques aux participant.e.s.

 

 

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L’illustratrice prend la parole sur mashable « Je trouve tout à fait hypocrite et égoïste de tenter de les empêcher de s’organiser: les minorités sont par défaut au second plan dans le débat public. Il est de notre devoir de permettre à ces minorités d’avoir des événements dédiés à elles. Les dominants pensent toujours avoir mieux compris les combats des concernés, que les concernés eux-même. Ce festival dure trois jours et personne n’a forcé les non-concernés à venir. C’est incroyable cet acharnement à dicter leur conduite aux minorités, cela montre bien la nécessité de ces événements. »

Les lieux non-mixtes sont perçus de différentes manières : soit comme une dérive identitaire, perception clamée par SOS-Racisme et la LICRA, soit comme un espace sûr pour les victimes.

 

Maeril a fait le choix de défendre et d’illustrer cette seconde vision qui est nécessaire à la lutte. Elle souligne d’ailleurs, « La plupart de ceux qui expliquent en quoi ils sont contres, font état d’une mauvaise compréhension des enjeux de ces réunions. J’ai fait de mon mieux pour expliquer ces enjeux en long et en large dans mes planches, à un moment je ne peux que conseiller aux détracteurs de les relire encore une fois. Tout y est. »

Cet article n’est pas sujet à polémique mais comme toujours à s’interroger ensemble et à nous donner des éléments pour avancer. Nous pouvons toutefois échanger en commentaires 🙂

 

 

 

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4 commentaires sur « Pourquoi des ateliers non-mixtes au festival Nyansapo ? »

  1. Honnêtement, je ne comprends même pas le but de cette polémique. Elles sont dans un lieu privé ! Si j’ai envie moi d’inviter que des blondes chez moi, personne ne m’en empêchera, si?
    Ca me laisse sans voix toute cette haine. Je ne comprends pas du tout qu’on puisse embêter ces femmes. C’est totalement absurde ! Les deux jeunes de la vidéo résument tellement bien les choses, je pense que tout est dit. L’illustration aussi est très parlante. A quand une simple tolérance envers autrui?

    Un article génial en tout cas !

    Aimé par 1 personne

    1. Tu as raison de poser la question.
      Racisé(e) est un terme utilisé en sociologie qui permet de ne pas nier le racisme. Il désigne les personnes renvoyées à une appartenance (réelle ou supposée) à un groupe ayant subi un processus à la fois social et mental d’altérisation peu importe la couleur de peau ou l’origine par exemple. Plus simplement c’est le fait d’avoir subi un processus de « racisation ».

      J'aime

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