J’ai rencontré l’illustratrice Fantine Reucha

Fantine Reucha - makeitnow.fr

Il y a certaines rencontres qui marquent. Non pas forcément parce que l’on a accès à une personne que nous pensions inaccessible il y a encore quelques jours – voir ma rencontre avec Romain Colin, le fondateur de Fubiz, mais parce que la magie opère, tout simplement, face à une personnalité vraie, sensible et en devenir.

C’est un jeudi soir, après avoir pressé le pas pour arriver à l’heure sur le lieu de rendez-vous, un café parisien baigné de lumière, que tout commence. Assise à une table de bistrot, face à sa tasse de thé, m’attend Fantine Reucha. De grands yeux pétillants qui laissent présager de belles histoires.

Ne vous fiez pas à son jeune âge. Cette semaine je vous raconte le parcours d’une véritable artiste

 

 


Lumineuse !


Le lieu de notre rencontre n’est pas anodin. Fantine adore travailler dans les cafés parisiens, se sont ses « petits bureaux ambulants » comme elle aime les appeler. Les passants l’inspirent et la lumière est souvent plus présente que dans son petit appartement.

 

Il faut dire aussi que l’illustratrice est une amoureuse de la capitale. « Paris est ma plus belle source d’inspiration. J’adore marcher dans la ville. Lorsqu’il m’arrive de ne pas sortir de toute une journée ; j’ai un pincement au cœur. Je me dis que je n’ai pas vécu Paris. » confie Fantine. Un coup de foudre évident lorsque l’on sait que l’on nomme Paris « la Ville Lumière ».

La lumière est fondamentale pour celle qui est aujourd’hui une talentueuse dessinatrice, mais aussi une amoureuse de la photographie. Pourtant, son rapport à l’appareil photo n’est pas aussi évident qu’il n’y parait.

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Fantine a étudié à Icart Photo, une école de photographie à Paris.

Si elle décide de faire ses études c’est avant tout pour fixer l’image, immortaliser le souvenir. Plus que déclencher le flash, ce qui l’intéresse, en tant qu’étudiante, est de façonner l’image de A à Z, du choix du sujet au tirage. Fantine est particulièrement attentive à la phase de développement. Elle aime expérimenter le processus de chimie. Passer de la lumière à l’image, révéler le sujet comme un tour de magie où elle tirerait les ficelles.

 

C’est l’approche artisanale qui la touche.


 

 

Car la photographie peu rapidement devenir un travail d’orfèvre, tout particulièrement manuel.

La particularité de Fantine est de porter un grand intérêt à la matière. Si l’esthétisme est important, le processus créatif est prédominant. Elle se souvient, « J’ai commencé par faire de la photographie argentique. Les mains dans la chimie. J’en ai un incroyable souvenir. C’était une des meilleures années de ma vie. ».

Pourtant, dans cette pratique elle se voit confrontée à la réalité. Celle du cadre et de l’objet imposés à photographier. Fantine est en quête de liberté pour s’exprimer. « La pression et l’obligation ont pris le dessus. J’ai perdu en liberté, car je ne suis pas scolaire et je ne marche pas à la contrainte. Pour répondre aux programmes et par manque de temps, je perdais peu à peu ma démarche artistique. » explique la créatrice.

Fantine choisit alors de ne pas faire de la photographie son métier. Bien que furtivement elle me confie « je pense que j’y reviendrai… ». Par contre, ce cursus a aiguisé son regard. En plus d’avoir renforcé sa technique, elle a commencé à visiter beaucoup d’expositions à Paris. « Cette confrontation à toutes formes d’arts a déclenché quelque chose en moi. » se souvient-elle.

Tout naturellement, elle passe du medium photographique au dessin.

 

Crayonner pour rendre compte de ce qu’elle voit, mais aussi interpréter ses pensées.

 

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Trait pour trait…


 

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, Fantine n’est pas tombée dans la marmite de l’illustration lorsqu’elle était petite. « Je n’ai jamais dessiné enfant. J’étais tout le temps en train d’écrire des choses. A l’adolescence, je lisais beaucoup, mais ne dessinais pas. J’avais un côté très perfectionniste. Du coup si ce n’était pas « joli » je n’aimais pas. Cela m’a un peu bloqué. » explique l’illustratrice.

Pourtant, Fantine ose.

Elle poste sur les réseaux sociaux ses dessins. Un peu timidement. Cette mise en ligne ne laisse pas présager l’impact qui suivra.

Fantine n’a pas de contacts qui pourraient la faire décoller. Pourtant, le succès fut immédiat. Les demandes arrivèrent principalement de l’étranger. Des contacts inattendus pour la créatrice qui est très touchée par cette reconnaissance. « A l’origine j’ai eu beaucoup de demande des Etats-Unis. Ça m’a surprise, car comme je ne pensais absolument pas vendre. Je n’avais même pas réfléchi à la dimension pratique, comme comment envoyer les dessins par exemple. Mais j’ai appris en répondant à la demande et j’ai trouvé ça très formateur. ». Une démarche qui aujourd’hui fait partie du processus pour Fantine qui réfléchit longuement à l’envoi. « J’ajoute toujours une petite lettre manuscrite personnalisée et un cadeau surprise avec le dessin. J’aime imaginer que lorsque l’on déballe le colis cela soit un moment de joie. » confie l’artiste.

 

La magie du web lui permet alors de faire de son rêve une réalité.

Vivre de son art. « Maintenant je suis à la Maison des Artistes. C’est ma grande joie, car je n’aurais jamais cru y être un jour. » confit-elle rayonnante.

 

Le 21 février dernier, Fantine ouvre son site sur lequel elle propose son travail en Éditions Limitées.


 

 

L’illustratrice ne s’impose pas de rythme particulier, si ce n’est celui de produire des collections. Ce qui n’est pas une réelle contrainte pour Fantine qui souligne, « Je ne suis jamais vraiment en manque d’inspiration. ». Gérer ses commandes lui permet aussi de développer un nouveau volet de son activité. « Je me suis découvert un côté entrepreneure. J’ai un tableau avec toutes mes opérations. Je suis devenue très organisée. » confie l’artiste.

Vendre ses illustrations via son site lui permet de répondre à la demande tout en présentant son univers, de dérouler la narration, mais aussi de nouer des rapports plus étroits avec ses acquéreurs. Toutefois, Fantine n’exclut pas le fait de présenter un jour son travail dans une galerie d’art. D’ailleurs l’artiste a déjà eu une première expérience en exposant à Paris en septembre dernier. « Dans un tel espace j’aimerais faire une création en adéquation avec le lieu. Peut-être dans un nouveau format » précise-t-elle. Car le format du papier, tout comme l’encadrement, a un réel impact sur la logistique pour l’illustratrice qui envoie ses dessins dans le monde entier.

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Fantine a tout de même des dimensions favorites pour ses œuvres. « J’aime beaucoup le format A3. C’est d’ailleurs le seul format que j’expose chez moi. Mais j’ai aussi fait une série de « Minuscules » en format A5. Ce que j’aime dans ces petits gabarits c’est qu’ils permettent de créer des compositions originales. », souligne-t-elle

 

Peu importe la taille, sur le papier, son trait est aussi assuré que sensuel.

 

En un coup d’encre de Chine on imagine un monde dans chacune de ses séries en éditions limitées. « La représentation du réel ne me touche pas. L’émotion est plus importante pour moi que la technique, même lorsque je l’admire. » souligne Fantine.

Une délicatesse, française, voire parisienne, qui explique que les étrangers ont été tout particulièrement séduits. « J’aime lorsque c’est simplifié. Cela permet de donner une interprétation. Il est aussi très important que l’on saisisse au premier coup d’œil la Féminité. » confie Fantine.

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D’ailleurs, ses figures emblématiques sont des « Ladies’ », comme elle aime les appeler.

 

Des silhouettes de femmes énigmatiques qui se révèlent autant qu’elles se cachent. L’artiste nous propose un univers très singulier.

Evidemment, je ne peux pas m’empêcher de lui demander ses références. Sa réponse est aussi singulière que son œuvre : « J’évite de regarder trop d’illustrations, par peur de ne plus oser produire. J’aurais l’impression que tout a déjà été fait. ».

 

Les œuvres de Fantine ne sont pas que des dessins.


 

Elle nous propose en réalité des objets. Car le support, le papier, est aussi important que le tracé. Elle aime les aspérités, choisir sur quelles fibres l’encre de Chine va se glisser. Du coup, Fantine fait confiance à un artisan français qui travaille à l’ancienne, à petite échelle. La dimension du papier n’est pas millimétrée, car son relief fait aussi partie de l’histoire. Fantine chérit cette collaboration « J’adore les bords duveteux. Je choisis mon papier à partir des échantillons qu’il m’envoie, car il travaille dans un moulin traditionnel, un peu éloigné. »

Toutefois, pour aller encore plus loin, l’illustratrice a pour projet de développer son propre papier. Enthousiasmée elle confie, « L’excitation est aussi grande que pour le dessin. ».

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Cependant, Fantine ne se contente pas que du papier. « Je suis très matière, donc beaucoup de supports m’attirent comme la gravure par exemple. » confie-t-elle. En créant, selon ses envies et en expérimentant différents médiums, Fantine se challenge constamment.

Elle n’a pas de barrière et ose se dire que demain elle pourrait reprendre une nouvelle pratique, réécrire l’histoire. L’illustratrice écrit sa propre trajectoire. « J’aime que l’inspiration circule. Il faut sortir, voir des gens. Tester se mettre en danger permet aussi de rester frais et authentique. » souligne Fantine.

Une mentalité génération Slasheurs.

 

L’investissement qu’elle met dans ses créations, son public le perçoit immédiatement.


 

 

« J’ai de supers retours que je consigne dans un petit carnet. Je pourrais garder les mails, mais j’aime avoir une trace écrite. Cela me permet aussi de relire ces petits mots pour me donner du baume au cœur. » confie Fantine.

Le mot qui l’a marqué ? « Une fois une femme m’a dit qu’elle s’était fait un cadeau à elle-même. Qu’elle voulait simplement s’offrir du beau. J’ai trouvé cela très touchant.»

Un retour à la hauteur de l’univers, simple, onirique et vrai de l’artiste.

 

 

 


L’amour de l’art : Fantine & Simon


Si vous êtes tombés sous les charme de ce personnage poétique qu’est Fantine, sachez que vous n’êtes pas la ou le seu(e). Elle a aussi fait chavirer le cœur de Simon et vice versa.

Lorsque l’on est heureux pourquoi le garder pour soi ?

 

Fantine et Simon ont décidé de partager leur amour en le laissant vagabonder dans les rues. Comme pour laisser une empreinte de leur histoire, Ils proposent de raconter leur relation par le street art. Spontanément, ils posent ensemble leurs pochoirs sur le bitume parisien.

En plus du trait, Fantine revendique ainsi son amour des mots. Il faut dire qu’ils sont souvent la clé d’une belle histoire.

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Rien n’est plus parlant qu’un « Il était une fois » n’est-ce pas ?

 

En créant les pochoirs en duo, le gout de l’artisanat est à nouveau révélé. C‘est dans leur petit appartement, devenant aussi leur atelier, que le processus débute. Les mots se multiplient pour réaliser une ribambelle de phrases positives, bienveillantes et inspirantes.

 

La matière et l’environnement guident la création de Fantine et Simon.


 

Ce sont les lieux qui inspirent les mots doux. Sur leurs vélos, le couple est sans cesse à l’affût des recoins qui pourraient offrir aux parisiens quelques instants d’évasion. Avec ces petits mots, ils souhaitent nous offrir une respiration. De quoi oublier le fameux rythme métro, boulot, dodo.

A travers ce projet le duo fusionnel propose à chacun de trouver un signe dans la rue, sur son chemin, qui nous donnera le sourire, sera un déclic ou même le début d’une nouvelle aventure. Si les phrases imprimées sur le sol par Simon connaissent une belle renommée sur Instagram, qui sert de base documentaire, l’expérience prend sens dans la rue. Le caractère éphémère du street-art est également fondamental.

Fantine dessine sur le sol comme sur le papier, mais pour garder une trace, une seule solution : la photographie. La boucle serait-elle bouclée ?

 

Affaire à suivre de très très près !

 

Merci Fantine pour ta douceur, ta volonté et ton authenticité !

 

 

 

J’AI RENCONTRÉ L’ILLUSTRATRICE FANTINE REUCHA

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28 commentaires sur « J’ai rencontré l’illustratrice Fantine Reucha »

  1. Ah oui! Fantine est merveilleuse!
    Son univers est doux, son travail féminin et minimaliste, rien à enlever, rien à ajouter. Merci de nous la faire un peu plus découvrir ici, cette fille me fascine j’espère la rencontrer.

    Aimé par 1 personne

  2. Ahaha Fabiola, son prénom est Fantine pas Francine !!! C’est bien plus joli quand même 😉 ❤
    Je la suis sur IG et j'aime beaucoup ce qu'elle propage, c'est une source d'inspiration et de fraîcheur cette fille et j'ai la chance de vivre à Paris et de tomber souvent sur leurs petits mots doux…

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  3. Son travail est si poétique ❤
    Et puis c’est un bonbon cette fille, j’ai la chance de la connaitre et son énergie positive est sans pareil ! c’est pas si souvent qu’on côtoie des gens bienveillants, talentueux et humbles…
    F si tu me lis j’espère à très bientôt pour un thé sur une terrasse parisienne ensoleillé 🙂 Gigi

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  4. Merci pour cette découverte ! Je suis tombée en amour devant ses dessins, et du coup je la suis sur Instagram et j’ai fait un tour sur son site. Ton article est super, on voit que tu as vraiment aimé la rencontrer et c’est touchant ! 🙂

    Aimé par 1 personne

  5. Chouette découverte! Du coup, j’ai été flâner sur instagram…j’aime bien ce style épuré, de la précision sans fioriture qui laisse place à l’imagination 🙂

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  6. Elle est belle, talentueuse et… épanouie 🙂 je l’envie tellement, même sa galerie Instagram est magnifique, on voit bien que c’est une photographe dans l’âme.
    Ce que j’aimerais oser me lancer moi aussi… !! mais pour l’instant je suis bloquée
    Merci pour ce site que j’adore et qui m’inspire 🙂

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    1. Merci beaucoup Tatiana pour ton message 🙂 Je suis très touchée que mon blogzine t’inspire !
      Maintenant il ne reste qu’à te lancer… je sais que ça fait peur, mais souvent il n’y a pas beaucoup à perdre. Tu pourras toujours te dire que tu l’as fait. Et ça, ça n’a pas de prix ! 🙂 Des bisous et du courage

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