Le phénomène Hand Spinner

Après être allée voter, place au sujet plus futile … mais qui ne cesse de nous hanter. La question du moment : d’où vient le « Hand spinner » ?

 

Encore inconnu du grand public il y a quelques semaines, ce jouet est devenu le plus tendance de l’année. Les enfants se l’arrachent, mettant définitivement les billes de côté dans les cours de récréations. A première vue, pour toucher tant de monde et devenir une star incontestée, on s’imagine que ce joujou est bourré de nouvelles technologies. Pourtant, il n’en est rien.

 

Comme beaucoup de phénomènes, c’est internet qui a porté au nu cette nouvelle tendance. Evidemment les YouTubeurs qui ont fait des démonstrations vidéos sont devenus les meilleurs ambassadeurs du Hand Spinner :

Pour preuve, la vidéo de Dr Nozman a été visionnée plus de 3,5 millions de fois.

Au premier abord, j’ai surtout pensé à un énorme buzz, prêt à s’essouffler aussi vite qu’il n’est apparu. Pourtant, l’épidémie semble se répandre, passant des mains des enfants aux plus grands.

Révélation, le Hand Spinner ne serait pas qu’un feu de paille !

 

Le Hand Spinner, nommé aussi Fidget Spinner, n’est pas une invention de 2017. Il a en fait été créé dans les années 1990 par une américaine prénommée Catherine Hettinger qui souhaitait distraire sa fille. Elle explique d’ailleurs pour le journal anglais The Guardian qu’il s’agit presque d’une co-création.  « J’ai commencé à bricoler rapidement des trucs avec des journaux et du scotch, puis d’autres choses. Ce n’était même pas un prototype, juste un semblant de quelque chose, mais elle a commencé à y jouer d’une manière différente, et je l’ai adapté. En quelque sorte, on l’a co-inventé. Elle pouvait le faire tourner, moi aussi, et c’est comme ça que ça a été créé ».

créatrice

Mais en 2005, faute d’argent, la créatrice doit abandonner le brevet de cette toupie particulière.

Le Hand Spinner, nommé à l’époque « Spinning toy », n’ayant pas trouvé preneur auprès des grandes marques de jouets, aurait pu être exposé au « Museum of Failure ».

Un musée en Suède, créé par Samuel West, qui expose 51 produits ratés.

Sweden_Museum_of_Failure_62

« Il faut pouvoir rire des échecs. Un produit raté a toujours quelque chose à raconter. Et on n’innove pas sans se tromper parfois… Il est sain de pouvoir se tromper ! » explique le fondateur.

Mais malgré toute vraisemblance, Catherine Hettinger ne s’était pas trompée. Ce sont les distributeurs de l’époque qui sont tous passés à côté.

 

Quelques années plus tard, le potentiel est révélé.

Résultat, sans brevet déposé, tout le monde peut fabriquer le Hand Spinner aujourd’hui. De quoi inonder la planète.

La Floridienne, qui, elle, n’a pas touché le moindre dollar sur son invention reste toutefois philosophe : « Je suis juste contente que quelque chose que j’ai conçu plaise à beaucoup de monde », explique-t-elle à The Guardian. « Vous savez seulement 3% des inventions permettent de gagner de l’argent. J’ai vu au contraire plein de gens hypothéquer leur maison et perdre beaucoup d’argent avec leurs inventions. ». Catherine Hettinger souligne toutefois au Time, « Peut-être que si c’était une sorte de produit additif – comme un nouveau genre de cigarettes – et que ma seule motivation était l’argent, j’aurais une attitude différente. Mais je suis simplement enchantée ».

 

Une question reste donc en suspens. Cette petite toupie de doigts n’est–elle qu’un gadget ?

hand spinner

 

A première vue ce triangle à trois hélices, muni de billes, a tout de l’objet sans grande utilité.

Pourtant, les Hand Spinner ont de réels vertus thérapeutiques. Car manier cette petite toupie plate est un véritable anti-stress et aiderait même les enfants à se concentrer et canaliser leur énergie.

Ce « jouet » est d’ailleurs utilisé par des thérapeutes auprès des enfants autistes ou hyperactifs.

Des vertus peu étonnantes, lorsque l’on constate que beaucoup de personnes ne peuvent pas s’abstenir de jouer avec leurs stylos, de taper discrètement du pied sous le bureau, de faire craquer leurs articulations ou de siffloter par exemple. L’ensemble de ces petites manies permettent en réalité de canaliser son énergie et de se concentrer sur nos tâches. D’ailleurs, l’ancêtre du Hand Spinner n’est autre que le crayon. Souvenez-vous lorsque l’on faisait virevolter sur notre main gomme ou crayon.

stylo

 

Evidemment, dans les cours de récréation le défi est surtout de faire tourner le plus longtemps possible les hélices entre son pouce et son index.

Un engouement tel que certaines écoles souhaitent interdire ce jouet qui générerait bien trop de disputes et de frustrations.

ecole hand spinner

Une petite polémique, qui ne risque pas d’éteindre la folie Hand Spinner à quelques jours des grandes vacances scolaires…

Car le succès est aussi dû à son tout petit prix – comptez deux euros – le fait qu’il soit silencieux et ses déclinaisons en plusieurs coloris. Sans compter qu’il n’y a pas besoin d’être un expert pour savoir l’utiliser.

 

Bien évidemment l’engouement est tel qu’aujourd’hui de nombreux modèles bien plus élaborés ont vu le jour. Allant jusqu’à proposer des Hand Spinner plus sobres pour séduire avant tout les adultes.

Le Hand Spinner sera-t-il le nouvel outil indispensable aux réunions professionnels ?

 

Pour ma part, je n’ai pas encore cédé à la tentation. Mais comme on le dit « ne jamais dire jamais », n’est-ce pas ?

Et vous que pensez-vous de cette nouvelle tendance ?

 

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2 commentaires sur « Le phénomène Hand Spinner »

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